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Guy Gingras baryton-basse
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Biographie
Ma rencontre avec le compositeur L.H. Asselin
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Issu d'une famille de deux enfants, ayant vécu le décès de mon père à l'âge de huit ans et traumatisé, à l'adolescence par un grave accident de mon seul frère aîné, j'ai constaté que la vie était très éphémère et qu'il fallait profiter de chaque instant et vivre intensément. C'est alors que j'ai découvert des sports de plein-air comme le canoë-kayak d'eau vive, l'escalade et le ski de fond qui ont comblé magnifiquement ce besoin d'être en communion avec la nature. Dans les années 70, j'ai participé à plusieurs premières en descentes de rivières tumultueuses en canoë-kayak telles la rivière aux Écosses, la rivière Cyriac et la Métabetchouane au décor sauvage et fantastique (voir le site myosis.ca pour plus de détail). Cet engagement dans le plein-air et le sport a connu un sommet avec ma participation comme responsable des manifestations dans le cadre des Championnats du monde de canoë-kayak d'eau vive dans ma région en 1979 et ma traversée du parc des Laurentides en ski de fond de Métabethouane au Camp Mercier avec cinq coéquipiers de la fédération de montagne du Québec d'une durée de six jours en autonomie. |
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Voici une des rares photos prise par le photographe Marcel Cloutier alors que je m'apprêtais à franchir en canoë monoplace à la fin octobre1975 avec Claude Pelletier kayakiste, les derniers kilomètres de rapides de la rivière Métabetchouane, site de la descente des Championnats du monde de canoë-kayak d'eau vive de 1979. Pour me protéger du froid je portais dans le temps une camisole de laine. Marcel devait prendre beaucoup de photos mais on avait oublié de lui dire que le bord de la rivière était très escarpé et peu accessible... |
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En escalade mon site préféré était le cap nommé« Le Cran carré» situé en face du quai du village de St-Rose du-Nord sur le bord du Saguenay. C'est l'un des rares cap sur le fjord qui est accessible par marré basse. Il s'élève à environ 130 m au-dessus de l'eau et dont l'une des voies à droite est de longer un magnifique dièdre qui vient tranché l'horizon grandiose du fjord. J'ai nommé cette voie «La marée basse». A quatre reprises je me suis retrouvé en premier de cordée sur ce décor à couper le souffle. Il me reste une photo qui prouve que j'ai passé par là et qui donne un mince aperçu de ce dièdre et de la vue majestueuse sur le Saguenay tout au long de la montée. Mes seconds de cordés furent Claude Pelletier en 1973, Jan Stary en 1974, Jean Falardeau en 1975 et André Roson en 1989. Cette dernière ascension fut la plus difficile en choisissant un passage à gauche en plein centre du Cran que j'ai baptisé «La voix de l'inconscient». Au tiers de la montée, après avoir quitté mon second de cordée, j'ai dû franchir une traverse en diagonale de 20 mètre assez délicate avant de pouvoir installer une première protection.
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Plusieurs diront quelle drôle de biographie pur un chanteur mais voilà que parallèlement à ces aventures propres à une jeunesse vigoureuse d'autres intérêts m'attirent au même moment. Mon goût pour la musique que j'ai acquis très jeune grâce à la grande famille des Ruelland et en particulier à ma mère qui a une formation en piano et qui chante naturellement bien. Il est venu aussi par l'audition répété des grands chanteurs d'opéra du temps grâce à notre premier tourne-disque de qualité que mon père avait acheté avant de décéder dans la quarantaine. Par la suite je constate que ce simple achat fut un très bel héritage pour imprégner en moi le goût pour le son de qualité. Cela commence avec l'érection du Centre Culturel juché sur le mont Jacob dans un très beau décor à la fin des années 60. A cette époque ou mon enthousiasme est débordant pour la découverte, ma ville s'ouvre véritablement aux arts et à la culture et le Québec, au monde, par le billet de l'exposition universelle de Montréal. Croyant que la société des loisirs se concrétise, je m'enivre aussi de musique. C'est alors que je décide d'étudier le chant durant quelques années avec mon oncle Lucien Ruelland qui enseigne à l'Institut des Arts au Saguenay au Centre Culturel de Jonquière. Comme chez nous on écoutait beaucoup de ténor j'avais tendance à imiter ceux-ci pour mon grand malheur selon mon oncle. Ma voix, à cette époque, est très ordinaire, détimbré et surtout plein de mauvaises postures du à mes fâcheuses imitations. Mais la patience et la connaissance captivante de mon illustre professeur à eu raison de moi. Il a tout d'abord vite compris que je ne chantais pas dans mon registre. Ensuite il insista pour que je m'astreigne au début à des exercices vocaux et non à du répertoire afin de perdre les mauvaises postures du passé. Le cheminement fut assez laborieux. Assister progressivement à la renaissance de sa voix est par contre très emballant. Celle-ci augmentait rapidement en volume et en richesse harmonique grâce au phénomène de l'impédance ramenée réalisé en grande partie à la position cruciale de la langue (voir technique vocale au menu) et des vocalises très spécifiques. Ce que j'ai particulièrement apprécié du maître Ruelland c'est le respect de l'interprétation spontanée d'une oeuvre par son élève et ses observations portaient essentiellement et de façon très détaillée et objective sur la qualité sonore de la voix. Au cours des années, j'ai constaté que celle-ci continue d'évoluer avec le corps et que la maturité en est un bienfait. Parallèlement, je suis une formation en piano avec Mme Madelaine Achard. Comme je n'aime pas défricher les partitions de chants avec la voix, je me sers de la flûte à bec. J'aime beaucoup cet instrument comme outil pour explorer différents répertoires vocaux et ce qui me permettait de participer à de petits ensembles instrumentaux. J'ai, de cette manière, joué la ligne mélodique de presque tous les lieder de Schubert. Cet instrument me fait prendre conscience que la beauté de la musique est plus souvent le résultat de la simplicité et du dénuement que de la virtuosité et du spectaculaire. Sachant que je m'intéressais à cet instrument Guy Roy, enseignant en musique dans le milieu scolaire, bénévole impliqué dans différents organismes prônant les arts, il me fit don de deux flûtes à bec. Il fut un animateur naturel très apprécié et a contribué grandement à la mise en valeur des orgues de notre région. Quelque temps plus tard, j'ai commencé à enseigner la flûte à bec à cette même institution. |
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Guy avec Karen Chamard au piano à l'automne 2002
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Mon premier récital a eu lieu en 1973 dans le hall d'entrée du Centre Culturel de Jonquière. Je voulais me produire dans un lieu familier afin de créer une atmosphère détendue. J'étais accompagné par Karen Chamard qui est de nature à vous donner confiance. Karen a beaucoup de faciliter à improviser et mémorise rapidement ses partitions. Elle est devenue une très grande amie par la suite puisque nous avons continué durant près d'une vingtaine d'année à pratiquer ensemble. Nous avons la même philosophie, c'est-à-dire que la pratique d'un art doit être avant tout un moment de plaisir et demeurer un loisir agréable et non une besogne et que la liberté de l'exercer est primordiale. C'est l'une des raisons pourquoi je ne suis pas devenu par la suite un professionnel dans le domaine musical. Trève de plaisanterie, connaissant les exigences d'une carrière en chant classique je n'ai jamais vraiment cru que j'avais toutes les qualités pour accomplir ce travail. J'ai choisi plutôt une vie familiale équilibrée et naturelle avec un boulot régulier comme coordonnateur en qualité et en informatique qui m'apporte dans l'ensemble beaucoup de satisfactions et qui me permet de garder les deux pieds sur terre. De toute façon, le star système commercial actuel m'apparaît ridicule et totalement artificiel. Ceux qui l'encouragent doivent se poser des questions. Je m'implique dans la vie syndicale en étant président de notre accréditation des employés(es) de bureau depuis 1996. J'en retire beaucoup de satisfaction en cherchant à entretenir un rapport équilibré entre les demandes syndicales et les réalités de l'entreprise pour laquelle nous travaillons et sommes dépendants. En militant j'ai constaté dans l'ensemble du mouvement syndical un grand respect pour la justice et pour une démarche démocratique.
Ariane, Etienne, Francine et Guy (mon plus beau projet ...ma petite famille) Lors de mes prestations, sauf celles avec mise en scène, j'ai toujours mes partitions sous mes yeux comme les instrumentistes le font si souvent. C'est d'ailleurs pourquoi je préfère de loin le contexte de l'enregistrement ou il n'y a pas le souci de bien paraître. Je ne souffre pas de ce besoin d'être adulé par un public. Les pièces que je préfère sont souvent à caractère religieux et très intérieur, ne se prêtant pas à la mise en scène. En 1974 j'ai eu l'occasion de chanter en duo avec mon oncle «L'Hymne à la nuit» de J.P. Rameau lors d'un récital conjoint à la salle Pierrette Gaudreault et dont on peut trouver l'extrait dans son anthologie musicale. Mon oncle était en pleine forme vocale. A 63 ans, durant ce concert, il a chanté le célèbre Largo de Handel avec une intensité et une présence sonore peu commune. Malheureusement, nos moyens d'enregistrement très limités à cette époque rendent à peine 50% de ce que j'ai entendu. En 1976, j'ai réalisé un concert religieux assez audacieux avec des parties de flûte à bec et chant accompagné par le violon et le violoncelle dans des motets de Orlando de Lassus à deux voix et des chorales et une cantate de Back accompagné à l'orgue par Madeleine Achard. Elle a eu la chance d'étudier cet instrument avec François-Joseph Brassard, organiste et compositeur réputé de notre région. Le tout avait été capté par la radio communautaire de Jonquière Choc-FM et ou j'animais des émissions pour mieux faire connaître les artistes folkloriques et classiques de chez nous. Plus tard, j'ai participé à deux opérettes d'Offenbach soit «La belle Hélène» et «La vie parisienne» sous la direction du metteur en scène Ghislain Bouchard et du chef d'orchestre Normand Laprise dans le cadre du Carnaval Souvenir de Chicoutimi. Par la suite, je suis devenu membre de la chorale des Chanteurs du Mont-Jacob fondée par Lucien Ruelland à la direction chorale et Luc Lessard comme directeur artistique. En 1984 et 1985 nous avons présenté de merveilleux programmes toujours planifiés par Luc Lessard avec mise en scène et costumes dans des extraits d'opéra de Faust de Gounod, de Carmen de Bizet et de Nabucco de Verdi. J'ai pu chanter les rôles de Méphisto dans Faust et de Nabucco et du grand prête dans Nabucco. Le programme était très varié avec aussi des extraits de comédies musicales et d'opérettes chantées en solo, duo, trio et quatuor et une partie spécifiquement chorale avec du répertoire québécois. La salle François Brassard était comble aux deux représentations et c'était fort apprécié du public. Luc avait du doigté pour agencer des pièces, créer des atmosphères et réaliser de très beaux arrangements. Tout cela était réalisé sans subvention. Ma rencontre avec le compositeur L.H. Asselin Après avoir délaissé quelques temps la musique pour me consacrer dans la quarantaine à ma nouvelle carrière d'informaticien, je me suis procuré graduellement des équipements pour enregistrer afin de garder des souvenirs musicaux. Mon premier projet était de réaliser une cassette de noël avec des airs nouveaux. Je cherchais des oeuvres inédites. C'est alors que j'ai eu l'idée de contacter L.-H. Asselin. Celui-ci m'accueilla avec beaucoup de gentillesse et d'intérêt. J'ai pu choisir huit chants de Noël de ses nombreuses créations qui me plaisaient pour le projet du disque «Noël dans la crèche». Je suis totalement emballé et je peux apprécié le travail professionnel et le talent de ce compositeur. Ayant peut d'expérience dans l'enregistrement j'ai obtenu la collaboration de l'abbé Dieudonné Bolduc. Afin d'économiser, j'ai réalisé l'enregistrement de ce disque d'un seul coup à l'église Notre-Dame de Grâce sans aucune séance de pratique avec les trois autres musiciens se joignant à moi. Avec du recul, je me trouve très audacieux d'avoir planifié ce projet de la sorte et c'est pourquoi j'espère présenter d'ici peu une nouvelle version plus satisfaisante. Je participe à une émission de télé où je donne un récital de Noël qui sera diffusé par la suite dans plusieurs réseaux communautaires et durant quelques années. Entre-temps, suite au décès de mon oncle Lucien Ruelland en 1999, je prépare une anthologie musicale sur ce grand chanteur en essayant de trouver de rares enregistrements significatifs. Pendant ce temps Louis-Herman me fait découvrir son univers musical très riche et varié. Tout en étant très critique à mon égard il m'encourage dans mes projets. C'est alors que j'envisage en 2000 de produire trois CD de genre différent ayant ce compositeur et cet arrangeur fort expérimenté à ma disposition. Une stimulation réciproque nous permet de cheminer assez rapidement dans le choix du répertoire et à la préparation des partitions pour ces projets. Mais il faut trouver une pianiste intéressée et disponible. C'est madame Gabrielle Gaudreault bien connu pour son implication dans le milieu musical régional qui me réfère à Anne Dumais, pianiste. Des les premières séances de pratique c'est à la fois l'enthousiasme et la promesse d'un travail bien fait. La confiance mutuelle s'établit dans le respect du rythme de travail de chacun. En terminant j'aimerais vous laissez avec le fondement de ma démarche de chanteur. En cherchant à développer ma voix, cela m'a permis de la reconnaître, à comprendre les mécanismes et les émotions qui l'a font vibrer, n'est-ce pas là un moyen d'apprendre à contrôler le fonctionnement de son propre cerveau? De plus, on acquiert ainsi une conscience aiguë des sons émis par soi-même et par les autres, et, c'est une autre manière d'avoir un regard plus juste de notre univers sonore intérieur. J'espère pouvoir réaliser un enregistrement comprenant uniquement des compositions de Louis-Herman Asselin dont une sonate pour flûte et une autre pour alto, le recueil de chant «La voie lactée» et des pièces pour piano, saxophone, marimba et xylophone. Toute ressource ou suggestion pouvant nous aider à réaliser ce projet sera la bienvenue que ce soit aux niveaux financiers, disponibilité d'un lieu avec un piano de concert et une bonne acoustique pour l'enregistrement, preneur de son ou pour le choix des interprètes. Je remercie tous les musiciens qui ont contribué à la réalisation de mes projets musicaux et à mes amis(es) qui m'ont encouragés à poursuivre.
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